Plan de communication : le confier à une agence ou le construire en interne ?

Plan de communication et agence

Beaucoup d’organisations demandent à leur agence de « faire le plan de communication de l’année ». Le document arrive vite, il est soigné, souvent inspirant. Et il recommande, presque toujours, ce que l’agence sait produire. Il n’y a là aucune malhonnêteté : c’est une question de position. Une agence exécute un plan ; elle n’est pas placée pour arbitrer le budget qu’elle va elle-même dépenser. C’est pourquoi le cabinet Advalians sépare les deux temps dans son atelier d’arbitrage du plan de communication : la direction tranche d’abord, les agences déclinent ensuite.

Cet article compare les trois façons de construire un plan de communication, dit quand choisir laquelle et liste ce qu’il faut avoir décidé avant de briefer une agence.

Faut-il confier son plan de communication à une agence ?

Pas entièrement. Une agence apporte des idées, une connaissance fine des formats et une capacité de production : elle est la mieux placée pour décliner un plan. Elle n’est pas en position d’arbitrer les publics, les priorités et le budget, puisqu’elle en est la destinataire. Les arbitrages reviennent à l’annonceur ; l’agence intervient ensuite.

Définition. Un plan de communication est le document qui fixe, pour une période donnée, les publics visés, les messages, les actions retenues, leur calendrier, leur budget et l’indicateur qui dira si chaque objectif est atteint.

Ce que l’agence fait bien, et ce qu’elle ne peut pas faire

Une bonne agence est irremplaçable sur trois terrains. Elle produit des idées que l’équipe interne ne trouverait pas seule, parce qu’elle voit d’autres secteurs et d’autres annonceurs. Elle connaît les formats, les médias et leurs contraintes techniques. Elle dispose d’une capacité de production qu’aucune équipe interne de PME ou d’ETI ne peut entretenir à l’année. Cette capacité se planifie : le calendrier annuel des actions de communication confronte les actions à la charge réelle, agences comprises.

Ce qui lui échappe tient à sa position, pas à son talent :

  • Arbitrer entre ses prestations et celles des autres. Une agence spécialisée dans le digital verra d’abord des réponses digitales ; une agence événementielle, des événements. Le biais n’est pas moral, il est structurel : son modèle économique repose sur la production.
  • Décider de ce qu’on arrête. Les actions à arrêter sont souvent celles qu’elle produit. Lui demander de les supprimer revient à lui demander de réduire son propre périmètre.
  • Connaître les arbitrages internes. Les priorités commerciales, les contraintes de l’équipe, les sujets sensibles avec la direction ou les élus ne figurent dans aucun brief.
  • Porter le plan devant la direction. Un plan se défend par celui qui en rendra compte. S’il est perçu comme « le plan de l’agence », il perd une partie de sa légitimité au moment du budget.

Les agences les mieux organisées le savent. Beaucoup emploient des planneurs stratégiques, dont le travail sur les publics et les messages est souvent remarquable. Mais ce travail reste attaché à un budget de production : le planneur éclaire la création, il n’a pas mandat pour recommander de couper la moitié des actions de son agence. La compétence n’est pas en cause, le mandat l’est.

La conséquence est simple : quand l’agence rédige le plan, le document est souvent bon sur les idées et faible sur les renoncements. Or un plan se juge d’abord à ce qu’il écarte.

Exemple fictif. Une ETI de services demande à son agence digitale de proposer le plan de l’année. Le document propose une refonte du site, une campagne d’acquisition et un programme de contenus : trois sujets que l’agence maîtrise. Il ne dit rien du salon professionnel qui génère pourtant une part importante des rendez-vous commerciaux, ni de la lettre aux clients que l’équipe produit en interne. Le plan n’est pas mauvais. Il est partiel, et personne ne l’a remarqué parce que personne n’avait posé les priorités avant de le demander.

Trois façons de construire le plan de communication

Le choix ne se pose pas entre « faire seul » et « déléguer ». Il existe trois options, qui se combinent.

CritèreÉquipe interne seuleAgence de communicationCabinet de conseil indépendant
Connaissance de l’organisationForteVariable, dépend de l’ancienneté de la relationConstruite pendant le cadrage
Neutralité sur les vecteursBonne, sauf habitudes installéesLimitée à ses expertisesForte : ne vend ni campagne ni média
Capacité à arbitrer et à arrêterRéelle si la direction s’impliqueFaible sur ses propres prestationsForte : c’est l’objet de l’intervention
Apport de méthodeDépend de l’expérience de l’équipeOrienté création et productionMéthode structurée de priorisation
Capacité de productionLimitéeForteNulle : le cabinet ne produit pas
Charge pour l’équipe interneÉlevéeFaible à la rédaction, élevée au contrôleModérée : préparation et arbitrage
Risque principalReconduire l’année précédenteUn plan qui ressemble au catalogue de l’agenceUn plan bien arbitré mais sans relais de production

Quelle option choisir selon votre situation ?

Le bon choix dépend moins de la taille de l’organisation que de la difficulté des arbitrages à rendre. La grille ci-dessous part des situations les plus fréquentes. En B2B, où les preuves pèsent plus que la notoriété, le plan de communication B2B en précise les règles.

Votre situationOption la plus adaptéePourquoiPoint de vigilance
Équipe expérimentée, plan de l’an dernier tenu, direction disponibleInterne, avec un modèle structuréLes arbitrages sont à la portée de l’équipeCommencer par le bilan de l’année, pas par les idées nouvelles
Stratégie claire, publics et budget déjà arbitrés, besoin de campagnesAgence, sur briefIl s’agit de décliner, pas de trancherBriefer par objectif et demander des options dans l’enveloppe
Plan limité à un lancement ou à une campagne de recrutementAgence, sur un périmètre ferméLe cadre est posé, l’expertise de format compteRelier le plan de campagne au plan annuel
Budget en baisse ou plusieurs directions qui défendent leurs prioritésAccompagnement indépendantIl faut un tiers sans intérêt dans la répartitionAssocier la direction générale dès le cadrage
Nouvelle direction, nouveau positionnement, fusionAccompagnement indépendant, puis agenceLa stratégie précède le plan, le plan précède les campagnesNe pas lancer de consultation d’agences avant d’avoir arbitré
Plusieurs agences en place, prestations qui se recouvrentAccompagnement indépendantArbitrer entre agences suppose de n’en être aucuneMesurer ce que chacune apporte avant de redistribuer

Les trois options se combinent souvent : l’équipe interne prépare, un tiers aide la direction à trancher, l’agence décline. Ce qui ne fonctionne pas, c’est de confier les trois rôles à un seul acteur.

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  • La matrice d’arbitrage utilité et effort
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Ce qu’il faut avoir décidé avant de briefer une agence

Un brief d’agence efficace n’est pas une demande de plan. C’est la traduction d’un plan déjà arbitré, lui-même issu des décisions de la stratégie de communication. Le cabinet structure ces décisions avec la Méthode PREUVE, conçue par le cabinet Advalians, qui sert de grille au modèle de plan de communication.

Décision à prendreCe que l’agence doit recevoirSignal d’une décision non prise
PublicsTrois à cinq publics prioritaires, ce qu’ils pensent aujourd’hui, ce qu’on attend d’eux« Tous nos publics » ou « le grand public »
RécitLe message central en une phrasePlusieurs messages de même rang
Éléments de preuvePour chaque promesse, la preuve disponible ou à produireDes promesses sans preuve, confiées à la création
UtilitéLes actions retenues et celles qui ont été écartéesAucune action écartée
VecteursLe rôle attendu de chaque famille de médias« Être présents partout »
ÉvaluationPour chaque objectif, l’indicateur qui dira s’il est atteint et son niveau actuelDes indicateurs d’activité seulement

Avec ces six éléments, le brief change de nature : l’agence ne propose plus un plan, elle propose la meilleure manière d’atteindre des objectifs fixés avec une enveloppe connue. Les dix éléments d’un brief d’agence complètent cette liste pour la partie opérationnelle. Quand le brief doit servir à consulter plusieurs agences, il devient un dossier de consultation : c’est l’objet de la mission brief et cahier des charges.

Comment travailler avec l’agence une fois le plan arbitré

Le plan arbitré ne réduit pas le rôle de l’agence. Il le rend plus utile, à quatre conditions.

  1. Briefer par objectif, pas par canal. « Faire connaître la nouvelle offre aux acheteurs de l’industrie agroalimentaire » laisse l’agence proposer les vecteurs. « Faire trois posts LinkedIn par semaine » la réduit à l’exécution.
  2. Demander des options dans l’enveloppe. Deux ou trois scénarios chiffrés pour un même objectif obligent à comparer, et rendent visibles les choix de l’agence.
  3. Clarifier ce que l’agence fait et ce qu’elle sous-traite. La transparence sur la production, les achats média et les partenaires évite les mauvaises surprises en cours d’année.
  4. Revoir le plan chaque trimestre avec elle. L’agence voit ce qui fonctionne sur le terrain ; elle doit pouvoir proposer d’ajuster, la décision restant à l’annonceur.

Si l’agence actuelle ne couvre pas les besoins du nouveau plan, la question du choix d’un partenaire se pose. Avant de lancer une consultation, vérifiez qu’elle est justifiée et que vos critères sont clairs : les cinq critères pour évaluer l’expertise d’une agence de communication et la comparaison entre agence généraliste et agence spécialiste aident à cadrer cette décision. Le conseil en choix d’agence du cabinet intervient quand l’enjeu le justifie ; aucune agence n’y est imposée.

Cinq signaux qu’un plan a été écrit par celui qui l’exécute

Ces signaux ne prouvent rien isolément. Réunis, ils indiquent que le plan n’a pas été arbitré.

  • La majorité du budget porte sur la spécialité de l’agence qui l’a rédigé.
  • Aucune action de l’année précédente n’est arrêtée.
  • Les indicateurs mesurent de l’activité (publications, impressions, vues) et non un changement chez un public.
  • Les promesses de marque ne s’appuient sur aucune preuve identifiée.
  • Le calendrier suit les capacités de production, pas les moments où les publics décident.

Si vous en reconnaissez trois, le document que vous avez entre les mains est une proposition commerciale de qualité, pas encore un plan. Les sept étapes de construction d’un plan de communication permettent de reprendre la main sur ce qui manque.

Questions fréquentes

Une agence de communication peut-elle faire notre plan de communication ?

Elle peut le rédiger, et souvent avec talent. Mais elle n’est pas en position d’arbitrer le budget qu’elle va dépenser ni de décider des actions à arrêter, puisqu’elle les produit souvent. Le plus sûr est que l’annonceur arbitre les publics, le message, les priorités et l’enveloppe, puis confie à l’agence la déclinaison en campagnes.

Quelle différence entre une agence de communication et un cabinet de conseil en communication ?

L’agence conçoit et produit des campagnes, des contenus et des achats média. Le cabinet de conseil aide la direction à décider : diagnostic, priorités, arbitrage du budget, choix des partenaires. Un cabinet indépendant ne vend ni campagne ni média, ce qui lui permet de recommander d’arrêter une action sans conflit d’intérêts.

Une PME a-t-elle besoin d’une agence pour son plan de communication ?

Pas pour le construire. Une PME peut arbitrer son plan en interne avec un modèle structuré, à condition que la direction participe aux arbitrages. L’agence devient utile pour produire ce que l’équipe ne sait pas ou n’a pas le temps de faire : création, campagnes, site, achats média.

Peut-on demander à plusieurs agences de proposer un plan de communication ?

C’est possible, mais c’est une compétition qui demande du travail aux agences. Elle doit être justifiée, limitée à quelques agences et fondée sur un brief clair. Le cabinet recommande d’indemniser les agences non retenues. Mieux vaut comparer des réponses à des objectifs fixés qu’à une demande de plan ouverte.

Que doit contenir le brief remis à l’agence après le plan ?

Les publics prioritaires et ce qu’on attend d’eux, le message central, les preuves disponibles, les objectifs avec leurs indicateurs et leurs valeurs de départ, l’enveloppe, le calendrier et les contraintes. Il précise aussi ce qui a été écarté, pour que l’agence ne le repropose pas.

Qui doit valider le plan de communication ?

La direction générale, avec la direction de la communication qui le porte. Dans une collectivité, l’exécutif et l’assemblée au moment du budget ; dans une mutuelle ou une association, les instances élues selon les statuts. L’agence peut être associée à la présentation, mais elle ne valide pas le plan.

Qui a décidé de ce que le plan n’inclut pas ?

Avant de demander un plan à votre agence, cherchez le nom de la personne qui a décidé de ce qu’il n’inclura pas. Si ce nom n’existe pas, le plan n’a pas encore été arbitré : commencez par là. Le modèle de plan de communication 2027, gratuit, guide ces arbitrages avant que l’agence n’entre en jeu.

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