Une base repoussoir est un fichier d’exclusion qui recense les personnes ou les organisations à ne pas solliciter, et que l’on rapproche de chaque fichier de campagne pour en retirer les correspondances avant l’envoi ou l’appel.
Le mécanisme repose sur un rapprochement. Le fichier sélectionné pour une campagne est comparé à la base repoussoir sur une clé propre au canal : adresse électronique, numéro de téléphone ou adresse postale. Les enregistrements qui correspondent sont retirés de l’envoi. Pour l’adresse postale, la comparaison suppose une écriture harmonisée, d’où le recours à la normalisation d’adresses. L’opération intervient juste avant le routage ou le lancement des appels, y compris sur des fichiers loués ou issus d’un partenaire.
Le contenu d’une base repoussoir relève de deux logiques. La première est réglementaire : elle réunit les personnes qui se sont opposées à la prospection, par un lien de désinscription, un courrier ou un appel. Dans ce sens, l’expression est synonyme de liste repoussoir, la forme interne de la liste d’opposition. La seconde est commerciale : elle écarte des contacts pour des raisons propres à l’annonceur. Ce sont par exemple les clients déjà équipés lors d’une campagne de conquête, les contacts en litige, les salariés ou les adresses signalées comme NPAI.
La base repoussoir se distingue du nettoyage de fichier, qui corrige ou supprime des données inexactes, alors que la base repoussoir écarte des contacts valides. Elle se distingue aussi du ciblage, qui choisit qui recevra le message. La base repoussoir intervient après, pour retirer ceux qui ne doivent pas le recevoir. Elle est un outil courant du marketing direct, des centres d’appels et des prestataires de location de fichiers.
Selon la page de la CNIL consacrée à la liste repoussoir (2022), ce fichier recense les personnes opposées à la prospection afin de ne pas les recontacter, quelle que soit l’origine des données. Il sert à les exclure durablement de toute nouvelle opération. Ces données ne doivent servir qu’à la gestion du droit d’opposition, et seules les données nécessaires sont conservées. La CNIL recommande de les garder au moins trois ans.
Nous en tirons une règle d’organisation : tenir deux fichiers distincts. Le premier, réglementaire, contient uniquement les oppositions et ne sert à rien d’autre. Le second, commercial, porte les exclusions de convenance, révisables à chaque campagne. Les mélanger crée deux risques. Un nettoyage des exclusions commerciales peut effacer des oppositions. À l’inverse, des données d’opposition finissent par servir à autre chose que leur finalité.
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La liste d’opposition est le terme générique : elle peut être collective, tenue par un organisme pour un canal, ou interne. La base repoussoir désigne le fichier d’exclusion tenu par l’organisme qui prospecte. Dans l’usage, elle contient souvent plus que les oppositions : clients à exclure d’une campagne de conquête, contacts en litige, adresses invalides.
Conseil pratique : gardez les oppositions dans un fichier réservé à cette seule finalité, et les exclusions commerciales dans un fichier séparé, révisable. Vous respectez ainsi la règle de finalité tout en gardant la main sur vos exclusions de convenance.
Faites-la appliquer par le prestataire qui traite le fichier, juste avant l’envoi. Le contrat de location ou de routage prévoit trois points : le filtrage obligatoire sur vos exclusions, le format d’échange de la base et un compte rendu du nombre d’adresses retirées.
Transmettez uniquement les données nécessaires au rapprochement, sans autre information sur les personnes. Comparez ensuite le compte rendu avec vos attentes : un nombre d’exclusions nul sur un fichier important doit être expliqué avant tout envoi. Conservez ces comptes rendus, ils documentent votre respect des oppositions.
Suivez le nombre de réclamations de personnes sollicitées malgré un refus. Il doit être nul. Complétez par un test simple : inscrivez des adresses et des numéros de contrôle dans la base, puis vérifiez qu’ils ne reçoivent aucun message des campagnes suivantes.
Mesurez aussi le délai entre la réception d’un refus et sa prise en compte, canal par canal. Un écart entre canaux révèle une alimentation incomplète. Enfin, comparez le taux d’exclusion par source de fichier d’une campagne à l’autre : une variation brutale signale une erreur de format ou de rapprochement.
Pas sans garder une trace dans la base repoussoir. Si vous effacez toutes ses données, rien n’empêche qu’elle revienne par un fichier loué ou un partenaire, et qu’elle soit à nouveau sollicitée malgré son refus.
La bonne pratique consiste à supprimer les données de prospection et à conserver seulement l’identifiant de contact, la date et le canal du refus. La CNIL recommande de conserver ces informations au moins trois ans et de ne les utiliser que pour gérer l’opposition. Restreignez l’accès à cette base aux personnes qui préparent les campagnes.
Oui lorsque l’offre de conquête est plus avantageuse que les conditions des clients en place. Un client qui reçoit une remise réservée aux nouveaux venus peut se sentir pénalisé. L’exclusion évite aussi de payer l’envoi d’un message inutile.
Renoncez-y pour un message d’image ou une nouveauté qui intéresse tout le monde. Dans ce cas, faites porter l’exclusion sur les seuls clients déjà équipés du produit promu. Revoyez la règle à chaque campagne : une exclusion commerciale figée finit par écarter des contacts que le ciblage aurait retenus.
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