Le glossaire Advalians

Notre glossaire, méticuleusement élaboré, est votre boussole dans l’univers complexe et dynamique du marketing, de la communication et du digital. Ici, chaque terme est une clé que nous vous aidons à décrypter pour vous ouvrir a des concepts innovants et des stratégies éprouvées. Plongez dans nos thématiques pour éclairer votre chemin vers l’excellence et la créativité.

Creep factor :

Définition Creep factor :

Le creep factor désigne le malaise ressenti par une personne lorsqu’une entreprise utilise ses données ou une technologie d’une manière qu’elle juge intrusive, parce qu’elle ne s’attendait pas à un tel usage.

Le malaise naît d’un écart entre ce que la personne pense que l’entreprise sait d’elle et ce que l’entreprise laisse voir. Il se manifeste quand un message révèle une déduction que la personne n’a jamais partagée, comme un état de santé ou une difficulté financière. Il apparaît aussi quand une donnée sert hors du contexte où elle a été confiée, ou quand un suivi d’un site à l’autre devient visible. Une localisation trop précise ou un moment d’envoi trop opportun peuvent produire le même effet.

Son intensité dépend de plusieurs variables : la sensibilité de la donnée, son origine (déclarée, observée, déduite ou achetée), la distance entre le contexte de collecte et le contexte d’usage, la visibilité de la déduction dans le message et la relation préalable avec la marque. Le terme désigne une perception, non un indicateur doté d’une méthode de calcul reconnue.

Le creep factor se distingue de la personnalisation, dont il marque la limite : un même message peut sembler utile à une personne et intrusif à une autre. Il se distingue aussi de la conformité au RGPD : une pratique peut être licite et pourtant perçue comme intrusive. Le terme est employé en marketing personnalisé, en ciblage publicitaire, dans la relation client et dans la conception d’objets connectés.

Décryptage Advalians Creep factor :

Le malaise coûte avant la sanction

Une personne qui se sent observée n’attend pas l’avis d’un régulateur. Elle se désabonne, s’oppose au traitement, se plaint au service client ou en parle autour d’elle. Le creep factor entame la confiance bien avant de poser un problème juridique. La bonne question n’est donc pas seulement « avons-nous le droit ? ». C’est aussi « le client s’attend-il à ce que nous sachions cela, et à ce que nous le lui montrions ? ». Nous recommandons de poser les deux questions à chaque nouveau scénario de personnalisation.

Ce que dit le droit : les attentes raisonnables

Le creep factor n’est pas une notion juridique. Le RGPD en offre pourtant une traduction proche. Son considérant 47 indique que l’intérêt légitime s’apprécie compte tenu des attentes raisonnables des personnes, fondées sur leur relation avec le responsable du traitement. Les droits de la personne peuvent l’emporter lorsque ses données sont traitées dans des circonstances où elle ne s’attend raisonnablement pas à un traitement ultérieur. Le considérant 60 ajoute que la personne devrait être informée de l’existence d’un profilage et de ses conséquences.

Ce qu’en dit la recherche

Omer Tene et Jules Polonetsky (« A Theory of Creepy », Yale Journal of Law and Technology, 2013) relèvent que la perception de ce qui est jugé « creepy » est très subjective et difficile à généraliser. Leurs repères reprennent des notions explorées dans leurs travaux antérieurs, dont une transparence renforcée, un accès à l’information sous une forme utilisable et le principe de contexte. Nous en tirons une conséquence pratique : un seuil de malaise ne se devine pas, il se teste.

Prévenir le malaise dans les campagnes

  1. Classer les données selon leur origine et leur sensibilité, avant de les utiliser pour personnaliser.
  2. Appliquer un test de surprise : le client serait-il étonné d’apprendre comment vous savez ce que le message suggère ? Si oui, renoncez ou expliquez.
  3. Personnaliser sans exhiber : adaptez l’offre sans afficher la déduction qui la justifie.
  4. Rendre la main au client : expliquez pourquoi il reçoit le message et permettez-lui de régler ses préférences.
  5. Tester les scénarios sensibles auprès d’un petit panel de clients avant de les généraliser.

Indicateurs et mesure

Faute de mesure normalisée, nous recommandons de suivre des indicateurs indirects. Le taux de désabonnement et d’opposition après une campagne personnalisée se compare à celui d’un groupe témoin. Les plaintes et verbatims du service client qui demandent « comment savez-vous cela ? » se comptent. Les demandes d’accès aux données reçues après une campagne se suivent. Une hausse de ces signaux après un nouveau scénario suffit à le réexaminer.

Erreurs fréquentes

  • Confondre licite et acceptable.
  • Personnaliser à partir de déductions sur la santé, la situation familiale ou les finances.
  • Poursuivre un internaute avec la publicité d’un produit qu’il vient d’acheter.
  • En B2B, citer dès le premier appel des informations personnelles trouvées en ligne sur l’interlocuteur.
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Trouver le juste dosage de personnalisation dans votre relation client

Advalians examine vos canaux et vos contenus personnalisés, repère les écarts de perception avec vos clients et restitue des recommandations priorisées.

La personnalisation est une pratique, le creep factor est une réaction. La personnalisation adapte un message ou une offre aux données connues sur une personne. Le creep factor apparaît lorsque cette adaptation révèle une connaissance que la personne ne pensait pas avoir donnée, ou un usage qu’elle n’attendait pas.

Critère pratique : nous considérons qu’une personnalisation fondée sur ce que le client a lui-même déclaré ou acheté chez vous présente un risque faible. Celle qui repose sur des déductions ou sur des données achetées demande un test préalable.

Appliquez un test de surprise à chaque scénario : le client serait-il étonné d’apprendre comment vous savez ce que le message suggère ? Classez ensuite la donnée utilisée selon son origine, déclarée, observée, déduite ou achetée, et selon sa sensibilité.

Pour les scénarios à risque, montrez le message à un petit panel de clients et recueillez leurs réactions. Faites relire les scénarios par la personne chargée de la protection des données. Documentez la décision : elle servira à arbitrer les cas voisins.

Comparez le groupe qui reçoit le message personnalisé à un groupe témoin qui reçoit un message standard. Suivez dans les deux groupes le taux de désabonnement, le taux d’opposition et le taux de plainte, en plus du taux de conversion.

Analysez aussi les verbatims du service client et des réseaux sociaux qui demandent comment l’entreprise a obtenu une information. Si la conversion progresse mais que les désabonnements augmentent plus vite, la personnalisation risque de détruire de la valeur à moyen terme. Fixez le seuil d’alerte avant le lancement.

Les données sensibles et les déductions exposent le plus. Une campagne fondée sur un état de santé supposé, une grossesse, une difficulté financière ou une localisation précise est plus susceptible de susciter un malaise qu’une campagne fondée sur un achat récent. Certaines de ces données relèvent en outre des catégories particulières protégées par le RGPD.

Les données achetées ou croisées entre plusieurs sources présentent aussi un risque, car la personne ignore souvent leur existence. Listez les données que vous vous interdisez d’utiliser pour personnaliser, et faites valider cette liste par la direction.

Non, il faut la doser. Une personnalisation qui sert visiblement le client, comme un rappel de réapprovisionnement ou une recommandation liée à un achat, reste un service. Renoncez-y lorsque le bénéfice pour le client est faible et que la donnée mobilisée est sensible ou déduite.

Entre les deux, choisissez une personnalisation discrète : adaptez l’offre sans expliciter la déduction. Donnez toujours un moyen de comprendre pourquoi le message est reçu et de régler ses préférences. Réévaluez le dosage après chaque campagne, à partir des indicateurs de rejet.

Pour aller plus loin :