Le glossaire Advalians

Notre glossaire, méticuleusement élaboré, est votre boussole dans l’univers complexe et dynamique du marketing, de la communication et du digital. Ici, chaque terme est une clé que nous vous aidons à décrypter pour vous ouvrir a des concepts innovants et des stratégies éprouvées. Plongez dans nos thématiques pour éclairer votre chemin vers l’excellence et la créativité.

Open Source

Définition Open Source :

L’open source désigne un mode de diffusion des logiciels, et par extension d’autres ressources techniques, dont le code source est accessible et dont la licence autorise chacun à les utiliser, à les étudier, à les modifier et à les redistribuer.

Le terme renvoie à une définition précise, l’Open Source Definition, tenue par l’Open Source Initiative. Elle fixe dix critères qu’une licence doit remplir. On y trouve la libre redistribution, la fourniture du code source, l’autorisation des œuvres dérivées et l’absence de discrimination envers des personnes ou des domaines d’activité. Une licence qui interdit l’usage commercial ne remplit donc pas ce dernier critère.

Dans le domaine de l’intelligence artificielle, cela inclut aussi bien des bibliothèques et des outils de développement que des modèles d’apprentissage. L’Open Source Initiative a publié en 2024 une définition propre à l’IA, l’Open Source AI Definition. Un système d’IA y est open source s’il permet de l’utiliser pour tout usage, d’étudier son fonctionnement, de le modifier et de le partager. Pour un modèle, cela suppose la mise à disposition des paramètres, du code complet d’entraînement et d’exécution, et d’une information suffisamment détaillée sur les données d’entraînement.

L’open source se distingue du modèle open-weight, dont seuls les poids sont publiés, parfois sous une licence restrictive. Il se distingue aussi de l’open data, qui porte sur la libre réutilisation de jeux de données et non de logiciels. Le terme est employé par les directions techniques, juridiques et achats lorsqu’elles choisissent des composants, et dans le débat sur la souveraineté numérique.

Décryptage Advalians Open Source :

Un choix de maîtrise plus que de prix

Pour une entreprise, l’open source n’est pas d’abord une question de coût de licence. C’est une question de maîtrise. Un composant open source peut être audité, hébergé où l’on veut et maintenu même si son éditeur d’origine change de politique ou disparaît. Cette liberté a une contrepartie : quelqu’un doit assurer les mises à jour, la sécurité et le support. Si ce n’est pas l’éditeur, c’est l’entreprise ou un prestataire qu’elle rémunère. Nous recommandons de raisonner en coût complet sur plusieurs années, et non en coût de licence.

Le débat sur l’IA « ouverte »

Le mot « open » est appliqué à des modèles très différents. Certains publient seulement leurs poids, sous une licence qui restreint l’usage. D’autres publient aussi le code et documentent leurs données. L’Open Source AI Definition 1.0, publiée par l’Open Source Initiative le 28 octobre 2024, sert de référence pour trancher. Selon nous, la qualification d’un modèle de langage comme open source doit être vérifiée au cas par cas : l’annonce de l’éditeur ne suffit pas. L’accès au code et aux informations sur les données facilite l’audit et contribue à l’explicabilité de l’IA, sans la garantir.

Le règlement (UE) 2024/1689 sur l’intelligence artificielle tient compte de cette ouverture. Son article 53 allège certaines obligations des fournisseurs de modèles d’IA à usage général diffusés sous licence libre et ouverte, avec des paramètres publics, sauf pour les modèles présentant un risque systémique.

Mettre en œuvre une politique open source

  1. Inventorier les composants utilisés, y compris ceux qu’embarquent les prestataires, avec leur version et leur licence.
  2. Classer les licences. Les licences dites permissives autorisent l’intégration dans un produit fermé. Les licences dites à réciprocité imposent, dans certains cas de redistribution, de diffuser les modifications sous la même licence. Les achats et le juridique doivent connaître cette différence.
  3. Vérifier la vitalité du projet avant de l’adopter : fréquence des mises à jour, nombre de contributeurs actifs, délai de correction des failles.
  4. Désigner un responsable de la veille de sécurité sur ces composants.

Indicateurs et erreurs fréquentes

Trois repères, que nous proposons sans valeur de norme, suffisent à piloter : la part des composants dont la version est à jour, le délai moyen de correction d’une faille connue, le nombre de composants sans responsable identifié.

  • Confondre gratuit et open source : un logiciel gratuit peut être fermé, et un logiciel open source peut être vendu.
  • Ignorer la licence d’un composant jusqu’au jour où un client ou un auditeur la demande.
  • Croire qu’un code ouvert est sûr parce qu’il est visible. Il n’est sûr que s’il est effectivement relu et corrigé.
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L’open source porte sur les droits, la gratuité porte sur le prix. Un logiciel gratuit peut être fermé : on l’utilise sans payer, mais on ne peut ni lire son code ni le modifier. À l’inverse, un logiciel open source peut être vendu, et son support est souvent payant, car la définition de l’Open Source Initiative interdit à une licence d’empêcher la vente ou la redistribution du logiciel.

Critère pratique : cherchez la licence. Si elle figure parmi les licences approuvées par l’Open Source Initiative, le logiciel est open source, quel que soit son prix.

Fixez une règle avant le premier composant, pas après. Tenez un inventaire des bibliothèques et des modèles utilisés, avec leur version et leur licence. Faites valider par le juridique toute licence qui n’est pas déjà sur la liste autorisée. Exigez la même transparence de vos prestataires, dans le contrat.

Pour les modèles, vérifiez en plus ce qui est réellement publié : poids, code, informations sur les données. Désignez enfin un responsable chargé de suivre les mises à jour et les failles signalées.

Regardez l’activité réelle du projet sur les derniers mois, pas sa popularité. Quatre signaux sont utiles : la date de la dernière version publiée, le nombre de contributeurs actifs, le délai de réponse aux signalements de failles, l’existence d’une gouvernance claire, fondation ou éditeur identifié.

Un projet porté par une seule personne, sans version depuis plus d’un an, présente un risque d’abandon. Ce seuil est un repère indicatif, à moduler selon la criticité du composant.

Le principal risque est de méconnaître les obligations d’une licence à réciprocité. Selon les cas, elle peut imposer de diffuser sous la même licence les modifications d’un composant, voire le code qui l’intègre, lorsqu’on redistribue le résultat. Un autre risque tient aux obligations de mention : conserver les avis de droit d’auteur et le texte de la licence.

Pour un modèle d’IA, vérifiez aussi que la licence annoncée couvre bien les poids et l’usage visé. Faites relire les cas douteux par un juriste.

Privilégiez-le lorsque la maîtrise compte : besoin d’auditer le fonctionnement, données sensibles, volonté d’éviter la dépendance à un fournisseur, ou intégration durable au système d’information. Il suppose des compétences internes ou un prestataire pour l’exploiter.

Renoncez-y lorsque le besoin est ponctuel, que l’équipe ne peut pas assurer la maintenance ou que seule une solution fermée atteint la qualité requise. Le choix se fait composant par composant : une même architecture combine souvent des briques ouvertes et des services fermés.

Par Thomas Bizot – Président du cabinet Advalians

31/03/2025
22/10/2026

Pour aller plus loin :