Le glossaire Advalians

Notre glossaire, méticuleusement élaboré, est votre boussole dans l’univers complexe et dynamique du marketing, de la communication et du digital. Ici, chaque terme est une clé que nous vous aidons à décrypter pour vous ouvrir a des concepts innovants et des stratégies éprouvées. Plongez dans nos thématiques pour éclairer votre chemin vers l’excellence et la créativité.

RAG (Retrieval-Augmented Generation)

Définition RAG (Retrieval-Augmented Generation) :

Le RAG (Retrieval-Augmented Generation, ou génération augmentée par récupération) est une technique d’intelligence artificielle qui recherche des documents pertinents dans une base choisie, puis les transmet à un modèle de langage, qui rédige sa réponse en s’appuyant sur eux.

Le terme a été introduit en 2020 dans l’article de recherche « Retrieval-Augmented Generation for Knowledge-Intensive NLP Tasks » (Lewis et al., conférence NeurIPS 2020). Les auteurs y associent deux mémoires : les connaissances apprises par le modèle pendant son entraînement, et un index documentaire externe, interrogé au moment de la question. Les connaissances disponibles peuvent être complétées ou mises à jour sans l’entraîner à nouveau, en modifiant la base plutôt que le modèle.

Le fonctionnement suit trois temps. L’indexation prépare le corpus : les documents sont découpés en segments, puis convertis en vecteurs numériques, les embeddings, stockés dans une base dédiée. La récupération compare la question à ces segments, par recherche sémantique, lexicale ou hybride, et retient les plus proches. La génération transmet ces extraits au modèle avec la question, dans le prompt, et lui demande d’y fonder sa réponse, en citant ses sources lorsque le système le prévoit. Les variantes portent sur chacune de ces étapes : recherche hybride, appui sur un graphe de connaissances (knowledge graph), reclassement des extraits avant la génération, ou recherche déclenchée à la demande par un agent IA.

Le RAG se distingue du fine-tuning, qui modifie les paramètres du modèle pour l’adapter à un domaine, à un ton ou à une tâche. Le RAG ne change pas le modèle : il change ce qu’on lui donne à lire. Il se distingue aussi d’un moteur de recherche, qui renvoie des documents sans rédiger de réponse. En entreprise, il sert aux assistants documentaires internes, au support client et à la recherche dans des bases techniques ou réglementaires.

Décryptage Advalians RAG (Retrieval-Augmented Generation) :

Ce que le RAG corrige, et ce qu’il ne corrige pas

Un modèle de langage seul répond à partir de ce qu’il a appris, figé à la date de son entraînement, sans accès aux documents de l’entreprise. Le RAG lui donne ces documents et rend la réponse vérifiable, puisque chaque affirmation peut renvoyer à un extrait. Il ne supprime pas l’hallucination. Le guide de la Direction générale des Entreprises sur le RAG (novembre 2024) précise qu’elles « peuvent toujours se manifester ». Une étude de l’université Stanford (Magesh et al., 2024) a testé des outils commerciaux de recherche juridique fondés sur le RAG. Sur le jeu de questions de l’étude, ils produisaient des réponses erronées ou mal sourcées dans 17 à 33 % des cas, moins souvent toutefois qu’un modèle généraliste.

Notre lecture : le RAG déplace la question de la fiabilité du modèle vers la qualité du corpus. Une base obsolète, contradictoire ou mal découpée produit des réponses assurées et fausses, désormais accompagnées d’une source qui les rend crédibles.

Mise en œuvre : le corpus avant l’outil

  1. Délimiter l’usage. Un type de question, une population d’utilisateurs, un corpus. Nous recommandons de commencer par un périmètre que l’équipe sait évaluer.
  2. Assainir les sources. Retirer les doublons, les versions périmées et les contradictions, désigner un responsable par source. Le guide de la DGE recommande aussi d’anonymiser ou de pseudonymiser les données personnelles lors du nettoyage du corpus, avant l’indexation.
  3. Régler le découpage. Un segment trop court perd son contexte ; un segment trop long dilue l’information utile. Testez plusieurs tailles sur les mêmes questions.
  4. Combiner les modes de recherche. La recherche lexicale gère mal les synonymes ; la recherche sémantique peut manquer une référence exacte, comme un numéro de contrat.
  5. Exiger la citation et le refus. La réponse cite ses extraits, et l’outil dit qu’il ne sait pas lorsque rien de pertinent n’a été trouvé.
  6. Organiser la maintenance. L’index suit le rythme de mise à jour des documents. Cette exploitation relève du LLMOps.

Indicateurs et mesure

Une réponse fausse peut venir de la récupération ou de la génération. Il faut donc mesurer les deux maillons séparément. Pour la récupération : le rappel, c’est-à-dire la part des questions pour lesquelles le bon passage figure parmi les extraits retenus, et la précision de ces extraits. Pour la génération : la fidélité, soit la part des affirmations appuyées par les extraits, et la pertinence de la réponse. Le cadre d’évaluation Ragas (Es et al., 2023) mesure sans annotation humaine de référence la pertinence des extraits, la fidélité et la pertinence de la réponse. Le rappel suppose, lui, de connaître à l’avance le bon passage. Le guide de la DGE cite aussi le taux d’hallucination et le temps de réponse.

Nous recommandons de constituer un jeu de 50 à 100 questions réelles, avec la réponse attendue et sa source. Rejouez-le à chaque modification du corpus, du découpage ou du modèle. Ce volume est un ordre de grandeur, à adapter au périmètre.

Erreurs fréquentes

  • Présenter l’outil comme exempt d’erreur : les utilisateurs cessent de vérifier.
  • Indexer tout un serveur de fichiers sans tri préalable.
  • Évaluer seulement la réponse finale, puis corriger le mauvais maillon.
  • Attendre du RAG une synthèse de tout le corpus ou une comparaison de documents : le guide de la DGE le juge moins adapté à ces tâches.
  • Oublier les droits d’accès : un assistant peut faire remonter un document à un utilisateur qui n’aurait pas dû le lire.
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Choisir les cas d’usage de l’IA qui méritent un déploiement

Advalians repère avec vous les cas d’usage de l’IA à forte valeur, puis accompagne le déploiement progressif des outils et la montée en compétences des équipes.

Choisissez le RAG lorsque la réponse dépend de faits qui changent ou doivent être cités. Choisissez le fine-tuning lorsque vous voulez modifier le comportement du modèle : ton, format, vocabulaire ou type de tâche. Le RAG agit sur ce que le modèle lit ; le fine-tuning agit sur le modèle lui-même.

Critère pratique : si vos documents changent plus d’une fois par trimestre, ou si chaque réponse doit renvoyer à une source, le RAG s’impose. Les deux approches peuvent se combiner, mais nous recommandons de commencer par le RAG, plus simple à corriger.

Commencez par un usage étroit et un corpus que vous maîtrisez, pas par le choix d’un outil.

  • Choisissez un type de question fréquent et coûteux en temps, par exemple les questions des équipes commerciales sur les conditions de vente.
  • Rassemblez les documents de référence, retirez les versions périmées et nommez un responsable par source.
  • Rédigez 50 questions réelles avec leur réponse attendue avant toute configuration.
  • Ouvrez l’outil à un petit groupe, puis élargissez seulement si les réponses sont fidèles aux sources.

Mesurez séparément la recherche et la rédaction, sur un jeu de questions dont vous connaissez la réponse. Vérifiez d’abord que le bon passage figure parmi les extraits retenus. Vérifiez ensuite que chaque affirmation de la réponse est appuyée par un extrait cité.

Fixez vos seuils avant le lancement, par exemple une réponse sourcée pour chaque question et aucune affirmation sans appui sur l’échantillon relu. Relisez ensuite un échantillon de réponses réelles chaque semaine pendant le premier mois. Ces seuils sont des repères à adapter à l’enjeu de l’usage.

Non. Il le réduit lorsque les sources sont bonnes, mais ne l’élimine pas. Le guide de la Direction générale des Entreprises sur le RAG (2024) souligne que les hallucinations peuvent toujours se manifester. Le modèle peut mal lire un extrait, combiner deux passages incompatibles ou répondre alors que la recherche n’a rien trouvé de pertinent.

Trois garde-fous limitent ce risque : citation obligatoire des extraits, consigne explicite de refus en l’absence de source, relecture humaine pour toute réponse destinée à un client ou à une décision engageante.

Renoncez-y lorsque le corpus est petit et stable : il peut alors être fourni directement au modèle, sans index. Renoncez-y aussi lorsque la question exige un calcul sur des données chiffrées : une requête dans la base de données est plus fiable qu’un extrait de texte.

Le RAG convient mal aux synthèses de tout un corpus et aux comparaisons de documents, car il ne lit que quelques extraits. Il ne compense pas non plus des sources de mauvaise qualité. Si vos documents sont contradictoires, commencez par les assainir.

Par Thomas Bizot – Président du cabinet Advalians

31/03/2025
16/10/2026

Pour aller plus loin :