La pré-complétion de formulaire, aussi appelée pré-remplissage, est une technique qui consiste, pour un site ou une application, à remplir certains champs avant toute saisie avec des informations déjà connues de l’utilisateur ou déduites de son parcours.
Les informations proviennent de plusieurs sources. Un client connecté retrouve les coordonnées de son compte. Une réponse donnée plus tôt dans le même parcours est reprise, comme l’adresse de facturation recopiée en adresse de livraison. Un lien envoyé par courriel peut transmettre au formulaire des données sur le destinataire. Le site peut aussi interroger son outil de gestion de la relation client, ou déduire une valeur d’une autre, par exemple la ville à partir du code postal dans un formulaire dynamique. La conservation d’une visite à l’autre passe par un compte ou par un cookie.
Un dispositif de pré-complétion comprend une source de données, une règle qui associe chaque donnée à un champ de formulaire, un affichage qui laisse la valeur visible et modifiable, et une procédure de mise à jour de la source quand l’utilisateur corrige.
La pré-complétion se distingue de la valeur par défaut, identique pour tous les utilisateurs, alors qu’elle est propre à chacun. Elle se distingue aussi de l’autocomplétion, qui propose une valeur pendant la saisie et attend le choix de l’utilisateur. La commande express va plus loin : elle supprime des étapes au lieu de remplir des champs. La pré-complétion s’emploie dans les espaces clients, les tunnels de commande, les relances de campagne et les formulaires de mise à jour de profil.
Pré-remplir un champ, c’est affirmer une information à la place de l’utilisateur. Si elle est juste, il gagne du temps. Si elle est périmée, il doit la repérer puis la corriger, et beaucoup ne la voient pas : l’erreur repart alors dans la base. À notre sens, la pré-complétion n’est donc pas une simple option d’ergonomie. Elle suppose une source fiable et un circuit de mise à jour. Sans eux, mieux vaut un champ vide qu’un champ faux.
Les règles pour l’accessibilité des contenus web du W3C (WCAG 2.2) comportent un critère de niveau A sur ce sujet, le 3.3.7. Une information déjà saisie ou fournie dans un même processus, si elle doit être saisie de nouveau, est remplie automatiquement ou proposée au choix. Trois exceptions sont prévues : saisie indispensable, sécurité, information devenue invalide. La documentation du W3C (« Understanding SC 3.3.7 Redundant Entry ») précise que le critère n’impose pas de conserver des informations d’une visite à l’autre.
La pré-complétion s’arrête aux cases d’accord. La CNIL indique que les cases pré-cochées ou pré-activées ne permettent pas de recueillir un consentement univoque au sens du RGPD (« Conformité RGPD : comment recueillir le consentement des personnes ? », 2018). Une case d’inscription cochée d’avance relève de l’opt-in passif.
Nous recommandons de suivre la part des champs pré-remplis modifiés par l’utilisateur. Une part élevée sur un champ signale une source périmée. Comparez aussi le taux de complétion des formulaires pré-remplis et vides, de préférence par un test A/B. Contrôlez enfin, en aval, les retours de courrier et les adresses électroniques invalides.
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La valeur par défaut est la même pour tous les utilisateurs, alors que la pré-complétion est propre à chacun. Un pays présélectionné pour tout le monde est une valeur par défaut. L’adresse d’un client connecté, reprise de son compte, relève de la pré-complétion.
La différence change le risque. Une valeur par défaut mal choisie produit une réponse fausse chaque fois que l’utilisateur ne la modifie pas. Réservez-la aux cas où elle est vraie pour une très large majorité, et ne l’appliquez jamais à une case d’accord.
Transmettez dans le lien un identifiant opaque, puis récupérez les données côté serveur. Procédez en trois temps.
Évitez d’écrire l’adresse électronique en clair dans le lien : elle se retrouve dans les historiques et les outils de mesure.
Mesurez la part des champs pré-remplis que les utilisateurs modifient. C’est l’indicateur le plus direct de la fraîcheur de la source. Suivez-le champ par champ, par événement, sans enregistrer la valeur saisie.
Un champ souvent corrigé révèle une donnée périmée : vérifiez sa date de mise à jour et le circuit qui l’alimente. Complétez par un contrôle en aval, par exemple les retours de courrier ou les adresses électroniques en erreur. Une hausse après une campagne désigne la base qui l’a alimentée.
Non. La CNIL indique que les cases pré-cochées ou pré-activées ne permettent pas de recueillir un consentement univoque au sens du RGPD. Une inscription obtenue ainsi n’est pas un consentement valable lorsque la prospection en exige un.
Laissez la case vide et rédigez un libellé clair sur ce que la personne recevra. Conservez la preuve de son choix : date, formulaire, libellé affiché. La même règle vaut pour toute case d’accord, y compris dans un formulaire par ailleurs pré-rempli.
Non : pré-remplissez seulement les champs dont la source est fiable et récente. Une coordonnée vieille de plusieurs années coûte plus qu’un champ vide, car l’utilisateur doit la repérer avant de la corriger.
Pour ce qui a été saisi dans le même parcours, le critère 3.3.7 des WCAG 2.2 demande de remplir la valeur ou de la proposer au choix, par exemple par une case « adresse de livraison identique ». Renoncez-y pour les données sensibles, pour les cases d’accord et sur les appareils partagés sans identification. En cas de doute, proposez la valeur connue au choix plutôt que de l’imposer.
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