L’accessibilité d’un site web désigne la capacité de ses pages, de ses contenus et de ses fonctions à être utilisés par toute personne, y compris en situation de handicap, quels que soient ses outils de navigation.
Elle concerne les handicaps visuels, auditifs, moteurs et cognitifs. Elle couvre aussi des situations temporaires, comme un bras immobilisé, ou liées à l’environnement, comme un écran en plein soleil. Beaucoup de personnes concernées naviguent avec une aide technique : lecteur d’écran, plage braille, commande vocale, clavier seul ou agrandissement de l’affichage. Un site accessible fonctionne avec ces aides parce que son code décrit correctement la structure et le rôle de chaque élément.
Les règles de référence sont les WCAG (Web Content Accessibility Guidelines), publiées par le World Wide Web Consortium. Leur version 2.2 organise les critères autour de quatre principes : perceptible, utilisable, compréhensible et robuste. Elle définit trois niveaux de conformité, notés A, AA et AAA. En France, le RGAA (référentiel général d’amélioration de l’accessibilité), dans sa version 4.1.2, traduit en 106 critères de contrôle les exigences de niveaux A et AA de la version 2.1 des WCAG. Ces critères portent par exemple sur le texte alternatif des images informatives, le contraste des couleurs, l’étiquetage des formulaires, la navigation au clavier et le sous-titrage des vidéos.
L’accessibilité se distingue de l’ergonomie web, qui vise la facilité d’usage pour l’ensemble des utilisateurs, et de l’expérience utilisateur, qui couvre la perception globale d’un parcours. Un site peut sembler simple à la majorité de ses visiteurs et rester inutilisable au lecteur d’écran. Le terme s’emploie lors des refontes, des recettes de mise en ligne et dans les obligations légales qui visent les organismes publics et certaines entreprises.
En France, l’article 47 de la loi n° 2005-102 du 11 février 2005 impose l’accessibilité des services en ligne. Il vise notamment les personnes publiques et les entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse 250 millions d’euros. Chaque service doit publier une déclaration d’accessibilité et renvoyer vers un schéma pluriannuel de mise en accessibilité. Selon une note du cabinet CMS Francis Lefebvre (2024), l’ordonnance du 6 septembre 2023 porte à 50 000 euros le plafond de la sanction pour défaut d’accessibilité ; les manquements à la déclaration et aux mentions obligatoires restent plafonnés à 25 000 euros. Le contrôle relève désormais de l’Arcom.
La directive (UE) 2019/882 élargit le champ. D’après l’Observatoire législatif du Parlement européen, elle couvre notamment le commerce électronique et les services bancaires aux consommateurs. Elle s’applique à partir du 28 juin 2025. Un site marchand doit donc vérifier, avec son conseil juridique, s’il entre dans ce périmètre.
Les deux disciplines se recoupent sur des points précis : hiérarchie des titres, intitulés de liens explicites, texte alternatif. La documentation de Google sur le référencement des images indique que le texte alternatif aide le moteur à comprendre le sujet d’une image et améliore l’accessibilité. Elle déconseille d’y entasser des mots clés, pratique qui peut être traitée comme du spam. À notre avis, l’argument du référencement reste secondaire : le contraste ou la navigation au clavier servent d’abord les personnes, pas les robots.
Nous proposons trois repères internes, qui ne sont pas des normes : la part des critères du RGAA respectés sur l’échantillon audité ; le nombre d’anomalies bloquantes sur les parcours clés ; la part des contenus publiés chaque mois qui respectent les règles de rédaction. Le premier mesure l’état du site, le dernier mesure la tenue dans le temps.
Le modèle Word gratuit de cahier des charges site internet d’Advalians comprend une grille de conformité, la reprise du référencement et le coût sur trois ans.
Advalians, cabinet de conseil indépendant en marketing et communication, vous aide à clarifier vos choix et à décider.
L’ergonomie cherche à rendre un site facile à utiliser pour le plus grand nombre. L’accessibilité garantit qu’il reste utilisable par les personnes en situation de handicap, y compris avec une aide technique comme un lecteur d’écran. Les deux se recoupent, sans se confondre : un menu clair pour la majorité peut rester inaccessible au clavier.
Pour départager un choix de conception, appliquez deux tests. Le parcours est-il compris sans aide ? C’est l’ergonomie. Peut-il être réalisé au clavier seul et au lecteur d’écran ? C’est l’accessibilité.
Commencez par un échantillon de pages représentatives plutôt que par le site entier. Retenez la page d’accueil, une page par gabarit principal, les formulaires, la recherche et le parcours de conversion.
Évaluez cet échantillon avec la grille du RGAA, puis classez les anomalies en trois niveaux : bloquantes, gênantes, mineures. Corrigez d’abord les composants communs, comme l’en-tête, le menu et les formulaires. Complétez par une séance de test avec une personne qui utilise un lecteur d’écran au quotidien.
Mesurez la part des critères du RGAA respectés sur votre échantillon, en excluant les critères non applicables. Ce taux donne un état initial comparable d’un audit à l’autre, à condition de garder le même échantillon.
Ajoutez deux indicateurs de pilotage : le nombre d’anomalies bloquantes sur les parcours clés et la part des nouveaux contenus conformes aux règles de rédaction. Ce sont des repères que nous proposons. Refaites l’audit après chaque évolution importante des gabarits, et au moins une fois par an.
Non. Un outil automatique repère une partie des anomalies, comme une image sans texte alternatif ou un contraste insuffisant. Il ne juge pas la pertinence d’un texte alternatif, l’ordre logique de lecture ni la compréhension d’un formulaire.
Une surcouche ajoutée au site modifie l’affichage sans corriger le code source. Le risque est double : un site qui reste inaccessible et une déclaration qui ne reflète pas la réalité. Utilisez les outils automatiques pour un premier tri, puis faites vérifier chaque critère par un auditeur.
Visez-la si votre organisation y est tenue par la loi, et planifiez-la dans le schéma pluriannuel. Pour une entreprise non soumise, nous recommandons de prioriser plutôt que d’attendre une conformité totale avant d’agir.
Critère de choix : corrigez d’abord ce qui empêche d’accomplir une tâche, comme acheter, s’inscrire ou contacter. Traitez ensuite les gênes, puis les écarts mineurs. Une refonte est le bon moment pour viser la conformité complète, car les gabarits sont reconstruits.
Modèles, grilles et guides prêts à l’emploi pour vos projets marketing et communication.
Besoin d'un conseil indépendant sur ce sujet ?
Échanger