Une CMP, ou Consent Management Platform, est un outil logiciel qui recueille le choix des internautes sur le dépôt de cookies et autres traceurs, le conserve et le transmet aux outils qui exploitent leurs données.
En français, on parle de plateforme de gestion du consentement. Le dispositif répond à une règle précise : en France, la lecture ou l’écriture de traceurs non exemptés sur le terminal d’un internaute exige son consentement préalable, en application de l’article 82 de la loi Informatique et Libertés. Lors de la première visite, la CMP affiche une fenêtre qui présente les finalités et les responsables des traitements. L’internaute accepte, refuse ou choisit finalité par finalité. La CMP enregistre ce choix, généralement dans un cookie et dans un journal conservé côté serveur. Elle autorise ou bloque ensuite le déclenchement des traceurs, et permet de revenir sur le choix à tout moment.
Une CMP comprend une interface d’information et de choix, un moteur de règles qui conditionne le déclenchement des balises, un registre des preuves de consentement et un tableau de bord des taux d’acceptation. Elle peut aussi transmettre les choix aux partenaires publicitaires sous la forme d’une chaîne de caractères codée selon un format commun à la profession.
La CMP se distingue du tag management : le gestionnaire de balises déclenche les codes de mesure et de publicité, la CMP décide si ce déclenchement est autorisé. Elle ne doit pas être confondue avec le tracking wall, qui est un choix de configuration, souvent réalisé au moyen d’une CMP, subordonnant l’accès à un contenu à l’acceptation des traceurs. La CMP équipe les sites et les applications des éditeurs, des annonceurs et des commerçants en ligne. Son paramétrage associe le marketing, les équipes techniques et le DPO.
La CMP est souvent achetée comme une case à cocher juridique. C’est une lecture trop étroite. Le choix exprimé dans la fenêtre détermine la part de l’audience que vous pourrez mesurer, recibler et rapprocher de vos first party data. Notre lecture : la CMP est le premier maillon de votre chaîne de données, et sa configuration relève d’une décision partagée entre le marketing, la technique et la conformité.
Dans sa page « Cookies et traceurs : comment mettre mon site web en conformité ? » (2020), la CNIL fixe plusieurs repères. Le silence de l’internaute, y compris la simple poursuite de la navigation, vaut refus. Refuser doit être aussi simple qu’accepter, par exemple avec deux boutons présentés au même niveau et sur le même format. Le consentement doit pouvoir être retiré à tout moment. Une durée de conservation de six mois, pour le consentement comme pour le refus, est jugée en général appropriée. L’article 7 du RGPD ajoute que le responsable du traitement doit être en mesure de démontrer le consentement.
Le signal de consentement est lui-même encadré par le droit des données. Dans l’arrêt IAB Europe (C-604/22, 7 mars 2024), la Cour de justice de l’Union européenne a jugé qu’une chaîne de caractères qui code les préférences d’un utilisateur constitue une donnée à caractère personnel lorsqu’elle peut être associée à un identifiant, comme l’adresse IP de son terminal. Elle a admis qu’une organisation professionnelle qui en fixe les règles peut être responsable conjointe de ce traitement, mais pas des traitements ultérieurs sur lesquels elle n’influe pas.
Suivez le taux d’acceptation totale, le taux de refus total, le taux de choix personnalisé et la part d’internautes qui ferment la fenêtre sans choisir. Comparez ensuite les traceurs déclarés et les traceurs constatés : un écart signale une balise ajoutée hors procédure. Nous recommandons de ne pas fixer d’objectif d’acceptation à l’équipe qui conçoit l’interface. Un taux très élevé peut traduire une présentation déséquilibrée plutôt qu’une adhésion. Mesurez plutôt l’effet du taux de consentement sur la couverture de vos outils de mesure.
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La CMP recueille et conserve le choix de l’internaute, le gestionnaire de balises déclenche les codes de mesure et de publicité. Les deux outils travaillent ensemble : la CMP transmet le statut du consentement, et le tag management ne déclenche que les balises autorisées par ce statut.
Critère pratique : chaque balise de votre gestionnaire doit être rattachée à une finalité déclarée dans la CMP. Une balise sans finalité rattachée est soit un traceur exempté à documenter, soit une anomalie à corriger avant la mise en ligne.
Commencez par un inventaire des traceurs réellement déposés, obtenu par analyse du site, puis classez chacun selon qu’il est exempté ou soumis à consentement. Rédigez les finalités et la liste des responsables, puis paramétrez l’interface avec un bouton de refus aussi visible que le bouton d’acceptation.
Raccordez ensuite la CMP au gestionnaire de balises et testez le blocage préalable sur chaque type de page, avant et après un refus. Désignez enfin un propriétaire de l’outil, chargé de mettre à jour la configuration à chaque nouveau tag tiers.
Suivez quatre taux : acceptation totale, refus total, choix personnalisé et fermeture de la fenêtre sans choix. Lisez-les par type d’appareil et par source de trafic, car ils varient selon le contexte de visite.
Ajoutez un contrôle de conformité : l’écart entre les traceurs déclarés dans la CMP et ceux constatés lors d’une analyse du site. Mesurez enfin la part de vos sessions couvertes par vos outils de mesure après consentement. Elle vous indique la marge d’incertitude de vos rapports d’audience et de conversion.
La plus fréquente est le dépôt de traceurs avant tout choix de l’internaute. Vient ensuite le déséquilibre entre accepter et refuser : la CNIL attend que refuser soit aussi simple qu’accepter, et considère le silence comme un refus.
D’autres erreurs sont plus discrètes : liste des responsables obsolète, impossibilité de retirer son consentement depuis chaque page, absence de preuve horodatée du choix. Vérifiez ces points à chaque mise en production, et conservez une copie de chaque version de l’interface affichée.
Non, le recueil du consentement n’est pas exigé pour les traceurs qui relèvent d’une exemption de l’article 82 de la loi Informatique et Libertés. Un dispositif de recueil du consentement, le plus souvent une CMP, devient nécessaire dès qu’un traceur soumis à consentement est déposé, par exemple pour la publicité ciblée ou le partage de données avec des partenaires.
Avant d’y renoncer, vérifiez par une analyse du site qu’aucun outil n’ajoute de traceur non exempté, y compris les modules vidéo ou les boutons de partage. Refaites ce contrôle à chaque ajout de fonctionnalité.
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