Le wording menu désigne le choix des mots qui servent d’intitulés aux entrées d’un menu de navigation, sur un site web ou dans une application, afin que chaque visiteur comprenne où mène un lien avant de cliquer.
L’expression, courante dans les métiers du web, recouvre la rédaction des libellés de premier niveau, des sous-rubriques et des liens utilitaires placés dans l’en-tête ou le pied de page. Un libellé fonctionne comme une annonce : il promet un contenu sur la page de destination. Le visiteur compare ce mot à son propre besoin, puis clique ou poursuit sa recherche. Le mécanisme repose donc sur la correspondance entre les mots de l’organisation et ceux de son public.
Le travail porte sur plusieurs dimensions. Le vocabulaire est plus ou moins familier ou technique. La précision et la longueur de chaque intitulé, ainsi que la place du mot porteur de sens, conditionnent la lecture. Les recouvrements entre libellés voisins créent l’hésitation. La cohérence entre le libellé du menu, le titre de la page atteinte et les autres mentions de la même rubrique fait aussi partie du sujet, de même que la correspondance entre le texte visible et le nom lu par les technologies d’assistance.
Le wording menu se distingue de l’arborescence du site web, qui fixe la structure et le regroupement des contenus : l’arborescence décide quoi ranger où, le wording décide comment le nommer. Il se distingue aussi du copywriting, qui cherche à convaincre, alors que l’intitulé de menu cherche d’abord à orienter. Le terme intervient dans les refontes de site, les démarches d’expérience utilisateur, les tests utilisateurs et les exercices de tri de cartes.
Un menu mal nommé se repère mal dans les tableaux de bord. Le visiteur ne clique pas, ou clique au mauvais endroit, puis repart. L’échec est imputé au contenu ou à l’offre, rarement aux mots qui y menaient. Notre lecture : les intitulés révèlent la façon dont l’entreprise découpe son offre. Quand ce découpage suit l’organigramme (« Pôle conseil », « Division services »), le visiteur doit traduire. Nous recommandons de nommer chaque rubrique d’après l’objet que le client cherche ou le problème qu’il veut résoudre.
La liste de contrôle pour la conception des menus publiée par Nielsen Norman Group en 2024 va dans le même sens. Elle recommande des libellés clairs, précis et familiers. Elle écarte les mots inventés, le jargon interne et les catégories abstraites. Elle conseille de placer les mots clés en tête de libellé, pour faciliter la lecture en diagonale.
Ces indicateurs sont des repères de diagnostic que nous proposons, non des normes.
Les règles pour l’accessibilité du site web publiées par le W3C (WCAG 2.2, version de 2024) touchent directement les libellés. Le critère 3.2.3 (niveau AA) impose que les mécanismes de navigation répétés apparaissent dans le même ordre relatif d’une page à l’autre. Le critère 3.2.4 (niveau AA) exige que des composants de même fonction soient identifiés de façon cohérente : nommer la même fonction « Rechercher » sur certaines pages et « Trouver » sur d’autres y est donné comme un échec. Le critère 2.5.3 (niveau A) demande que le nom accessible d’un composant contienne son texte visible, pour que les utilisateurs de commande vocale puissent prononcer ce qu’ils lisent.
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L’arborescence fixe la structure : quelles rubriques existent, et quels contenus elles regroupent. Le wording menu fixe les mots qui nomment ces rubriques. Les deux se travaillent ensemble, mais ils échouent différemment. Une mauvaise arborescence range un contenu au mauvais endroit. Un mauvais wording laisse le contenu au bon endroit, sous un nom que personne ne reconnaît.
Pour savoir lequel corriger, observez où se trompent les visiteurs. S’ils hésitent entre deux libellés pour une même tâche, le problème est souvent de vocabulaire. S’ils cherchent dans une rubrique où le contenu n’est pas, c’est la structure qu’il faut revoir.
Partez des mots que votre public emploie déjà, pas de ceux de vos équipes. Réunissez trois sources : les requêtes saisies dans la recherche interne, les questions reçues par le service client et les verbatims d’entretiens.
Organisez ensuite un tri de cartes ouvert : les participants regroupent des contenus et nomment eux-mêmes chaque groupe. Rédigez des libellés candidats courts, avec le mot porteur de sens en tête et une forme grammaticale identique pour toutes les entrées. Vérifiez enfin qu’aucun libellé ne recouvre son voisin avant de passer au test.
Testez-les sans graphisme, par un test d’arborescence. Présentez le menu sous forme de texte et donnez des tâches réalistes, du type « où trouveriez-vous les conditions de livraison ? ». Mesurez le taux de réussite et la part des réussites obtenues sans retour en arrière.
Après la mise en ligne, complétez par deux signaux issus de l’analyse d’audience : les termes saisis dans la recherche interne qui correspondent à une rubrique existante, et les retours immédiats après un clic dans le menu. Aucun seuil universel ne s’applique : fixez vos repères selon votre site et comparez surtout l’avant et l’après d’un changement.
Seulement s’ils correspondent aussi au mot que le visiteur attend. Un libellé allongé pour les moteurs de recherche, comme « Conseil marketing digital Nantes », devient plus long à lire et plus difficile à distinguer de ses voisins.
Le risque est de dégrader la navigation pour un gain incertain. Gardez au menu des libellés courts et familiers. Placez l’expression recherchée dans le titre et le contenu de la page de destination, et dans les liens contextuels du maillage interne. Si le terme du public et la requête des moteurs coïncident, retenez-le : les deux objectifs se rejoignent alors.
Pour la navigation, gardez les libellés conventionnels. « Contact », « Tarifs » ou « Nos offres » sont reconnus sans effort, et l’utilisabilité du site repose sur cette reconnaissance immédiate. Un vocabulaire de marque oblige le visiteur à deviner.
Réservez les noms propres à la marque aux contenus, aux titres de page ou aux campagnes. Une exception se défend : un nom de produit déjà connu de votre public, qu’il saisit lui-même dans la recherche interne. Vérifiez ce critère avec les données de recherche avant de l’adopter au menu.
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