Do Not Track est un signal technique, émis par le navigateur à la demande de l’internaute, qui indique aux sites consultés que celui-ci préfère ne pas être suivi, sans pouvoir empêcher ce suivi par lui-même.
Le mécanisme est décrit par la spécification « Tracking Preference Expression » du W3C, l’organisme qui élabore les standards du web. Le navigateur ajoute à ses requêtes un en-tête HTTP nommé DNT. La valeur 1 exprime le refus du suivi, la valeur 0 son acceptation. Sans préférence choisie, aucun en-tête n’est envoyé. Une propriété lisible par les scripts de la page, navigator.doNotTrack, restitue la même information. Le signal ne bloque aucun dépôt de traceur : il revient au site, à ses partenaires publicitaires et à ses outils de mesure de le lire puis de le respecter.
Le projet de standard n’a pas abouti. Dans sa note du 17 janvier 2019, le groupe de travail du W3C constate un déploiement insuffisant et l’absence de soutien annoncé, puis clôt ses travaux. Le texte reste publié comme note de travail, sans valeur de recommandation. Sa prise en compte relève donc du choix de chaque site.
Do Not Track se distingue du cookie d’opt-out, qui enregistre un refus auprès d’un seul acteur et sur un seul navigateur. Il se distingue aussi du consentement recueilli par une CMP, qui conditionne le dépôt des traceurs à un accord préalable. D’autres signaux de préférence lui ont succédé, comme le Global Privacy Control, auquel certains États américains donnent une portée obligatoire. Le terme reste employé en web analyse, par les équipes chargées de la conformité et dans les débats sur la publicité ciblée.
Le Do Not Track a échoué comme standard. Il reste pourtant un révélateur. Des visiteurs l’envoient encore. La spécification exige qu’il traduise un choix de l’internaute, même si un navigateur l’a déjà activé par défaut : il signale le plus souvent, sans le garantir, un refus du suivi. Nous recommandons de ne pas le traiter comme une curiosité technique. C’est une préférence exprimée, qui mérite une règle écrite, même si aucune obligation ne l’impose en France.
En France, la règle applicable aux traceurs est le consentement préalable. Selon les lignes directrices de la CNIL de 2020, elle découle de l’article 82 de la loi Informatique et Libertés, qui transpose la directive 2002/58/CE. La recommandation de la CNIL sur les cookies, dans sa version consolidée publiée en janvier 2026, ne mentionne pas le Do Not Track. Le signal ne remplace donc pas le recueil du choix dans l’interface du site. Son absence ne vaut pas accord : sans action positive, le visiteur est réputé refuser.
Aux États-Unis, la logique a changé avec les signaux de nouvelle génération. Dans un communiqué du 9 septembre 2025, l’agence californienne de protection de la vie privée, et les procureurs généraux de Californie, du Colorado et du Connecticut rappellent que les entreprises concernées sont tenues d’honorer les demandes d’opposition transmises par le Global Privacy Control. Ces demandes portent sur la vente et le partage d’informations personnelles. Une entreprise soumise à ces lois doit donc lire ce signal, pas seulement le Do Not Track.
Deux repères suffisent. Le premier est la part des visites qui envoient un signal de refus, Do Not Track ou Global Privacy Control. Il se lit sans traceur, à partir de l’en-tête reçu par le serveur. Le second est l’écart entre cette part et le taux de refus constaté dans le bandeau. Un taux de refus dans le bandeau inférieur à cette part montre qu’une partie de ces visiteurs a accepté dans le bandeau. La présentation des boutons peut en être la cause, comme un signal activé sans choix réel : examinez les deux pistes. Ces repères sont des indicateurs de pilotage que nous proposons, non des normes.
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Les deux sont des signaux envoyés par le navigateur, mais leur portée diffère. Do Not Track exprime une préférence générale contre le suivi, sans standard abouti : le W3C a clos ses travaux en 2019. Global Privacy Control porte sur l’opposition à la vente et au partage d’informations personnelles. En Californie, au Colorado et au Connecticut, les autorités rappellent que les entreprises sont tenues de l’honorer.
Critère pratique : si vous visez ces marchés, lisez les deux en-têtes et appliquez la règle la plus protectrice.
Inscrivez le signal comme condition de déclenchement dans votre gestionnaire de balises. Chaque balise soumise à consentement vérifie d’abord l’en-tête DNT ou la propriété navigator.doNotTrack. Si la valeur vaut 1, elle ne se déclenche pas, quel que soit le choix affiché dans le bandeau.
Lisez l’en-tête DNT dans les journaux de votre serveur, sans déposer de traceur. Comptez les requêtes de pages qui portent la valeur 1, puis rapportez-les au total des pages vues sur la même période. Faites de même pour l’en-tête du Global Privacy Control.
Comparez ensuite ce chiffre au taux de refus dans votre bandeau. Si la part de refus dans le bandeau est nettement plus faible, une partie des émetteurs du signal a accepté dans le bandeau : examinez la présentation des boutons. Faites valider la méthode par votre délégué à la protection des données avant de l’industrialiser.
Oui, à condition que ce soit vrai pour toutes les balises du site. C’est l’erreur la plus fréquente : la phrase est reprise d’un modèle alors qu’aucune règle technique n’a été paramétrée. L’information donnée aux visiteurs devient alors inexacte, ce qui fragilise la confiance et la conformité.
Avant de publier la phrase, faites tester le site avec le réglage activé. Vérifiez aussi les balises de vos partenaires. Si vous ne pouvez pas garantir leur comportement, décrivez précisément ce que le site fait, sans promesse générale.
Oui, si votre règle reste simple et vérifiable. Le signal n’a aucune portée obligatoire en France, mais il exprime une préférence claire. Le respecter coûte peu : une condition dans le gestionnaire de balises suffit.
Vous pouvez y renoncer si votre site ne dépose aucun traceur soumis à consentement, ou si l’effort de test dépasse vos moyens. Dans ce cas, n’annoncez pas le contraire. Si vous ciblez des internautes américains, priorisez plutôt le Global Privacy Control, dont le respect est obligatoire dans plusieurs États.
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