Le co-branding est une stratégie de marque dans laquelle deux marques ou davantage, appartenant en général à des entreprises distinctes, s’associent de façon visible sur une même offre, présentée au client sous leurs noms réunis.
Le mécanisme repose sur l’association d’images. Chaque marque apporte ses propres associations : qualité perçue, savoir-faire, univers, clientèle. Le client juge l’offre commune à partir de ce qu’il sait de chacune. En retour, l’alliance modifie la perception de chaque partenaire. On parle aussi d’alliance de marques.
Plusieurs formes coexistent. Le co-branding de produit associe deux marques dans la conception d’une offre nouvelle. La marque ingrédient signale sur un produit fini un composant fourni par une autre entreprise. Le co-branding promotionnel prend souvent la forme d’une édition limitée ou d’une collection éphémère. Le co-branding de service associe par exemple une enseigne et un établissement financier sur une carte de paiement. Dans tous les cas, un contrat fixe l’usage des marques, la répartition des rôles, des coûts et des revenus, la durée et les conditions de sortie.
Le co-branding se distingue du co-marketing, qui réunit des partenaires autour d’une action de promotion sans créer d’offre commune sous leurs deux noms. Il se distingue aussi de la licence de marque, par laquelle un titulaire autorise un tiers à exploiter sa marque sans que les deux noms soient forcément associés. Il relève de la stratégie de marque générale, le branding, dont il constitue une application particulière. Il est pratiqué dans la grande consommation, la mode, le luxe, l’automobile, les services financiers et le B2B.
Un co-branding n’est pas un simple partage de visibilité. Chaque partenaire prête son nom, donc une partie de son capital de marque. L’étude de Bernard L. Simonin et Julie A. Ruth (Journal of Marketing Research, 1998) a montré que l’attitude des consommateurs envers une alliance de marques se reporte ensuite sur chacune des marques partenaires. Elle a aussi montré que les deux partenaires ne sont pas forcément affectés de la même façon, et que la familiarité avec une marque modère ces effets.
Nous en retenons une hypothèse de travail, à vérifier dans chaque cas : la marque la mieux connue a souvent moins à gagner que son partenaire, alors qu’elle engage une réputation plus établie. Elle explique pourquoi les négociations se tendent sur l’ordre des noms, la taille des logos et le droit de regard sur la communication.
Nous recommandons d’évaluer un partenaire sur deux cohérences distinctes. La cohérence d’image : les deux marques partagent-elles des valeurs et un niveau de gamme compatibles ? La cohérence d’offre : le client comprend-il spontanément pourquoi ces deux marques font ce produit ensemble ? Une alliance qui échoue à l’une des deux questions demande beaucoup de pédagogie publicitaire.
L’accord écrit traite au minimum les points suivants :
Les ventes de l’offre commune ne suffisent pas à juger l’opération. Il faut isoler ce qu’elle apporte à chaque partenaire. Nous proposons quatre repères : la part de nouveaux clients recrutés par chaque marque, les ventes incrémentales par rapport aux gammes habituelles, l’évolution des associations attribuées à chaque marque, mesurée avant et après, et la reprise de l’alliance dans les médias et les conversations en ligne. Une offre commune qui se vend bien mais détourne les achats de vos produits habituels n’a pas créé de valeur nette.
Advalians établit ce qui rend votre marque préférable, si le marché le perçoit et quelles preuves le démontrent : une base solide pour juger un partenaire de marque.
Advalians, cabinet de conseil indépendant en marketing et communication, vous aide à clarifier vos choix et à décider.
Le co-branding crée une offre présentée sous les noms des deux marques ; le co-marketing réunit des partenaires autour d’une action de promotion sans offre commune. Une édition limitée signée par deux marques relève du premier. Une remise croisée ou un jeu-concours commun relève du second.
La différence a une conséquence pratique. Le co-branding engage l’image de chaque marque dans la durée de vie du produit et exige un contrat sur l’usage des marques et la qualité. Le co-marketing se cadre en général par un accord plus léger, centré sur le budget, le calendrier et les données.
Rédigez un contrat avant toute création commune. Il fixe les objectifs de chaque partenaire, l’offre concernée, les droits d’usage des marques, les supports et la durée. Il précise aussi le contrôle de la qualité et le droit de validation de chacun. Il règle la répartition des coûts, des revenus et des données clients.
Ajoutez trois clauses souvent oubliées : la propriété des créations communes, l’ordre et la taille des noms sur les supports, la sortie anticipée si l’un des partenaires traverse une crise. Faites relire l’accord par un juriste en propriété intellectuelle.
Mesurez ce que l’opération apporte à chaque partenaire, pas seulement les ventes de l’offre commune. Suivez la part de nouveaux clients recrutés par chaque marque et les ventes incrémentales par rapport à vos gammes habituelles.
Mesurez aussi l’effet sur l’image : réalisez une courte étude avant le lancement, puis trois à six mois après, sur les associations attribuées à votre marque. Ces délais sont un repère que nous proposons, non une norme. Si l’offre commune se vend bien mais détourne les achats de vos produits habituels, l’opération n’a pas créé de valeur nette.
Le principal risque est la contagion d’image : une crise, un défaut de qualité ou une polémique chez le partenaire rejaillit sur votre marque. L’association est visible, le client ne fait pas la différence entre les responsabilités.
Réduisez ce risque en trois gestes. Examinez l’historique du partenaire avant de signer : qualité, controverses, pratiques sociales et environnementales. Conservez un droit de validation sur l’offre et la communication. Prévoyez une clause de sortie rapide et un plan de communication de crise partagé.
Préférez le co-branding lorsque votre marque n’a pas la légitimité seule sur le nouveau marché et qu’un partenaire la possède. L’extension de marque convient lorsque votre marque est jugée crédible sur la nouvelle catégorie et que vous voulez garder toute la valeur créée.
Soyez prudent si le partenaire pèse beaucoup plus que vous sur le marché visé : sans règles écrites sur l’ordre et la taille des noms, votre marque risque de passer au second plan. Renoncez au co-branding si l’opération ne sert aucun objectif mesurable au-delà de la visibilité ponctuelle.
Modèles, grilles et guides prêts à l’emploi pour vos projets marketing et communication.
Besoin d'un conseil indépendant sur ce sujet ?
Échanger