Notre glossaire, méticuleusement élaboré, est votre boussole dans l’univers complexe et dynamique du marketing, de la communication et du digital. Ici, chaque terme est une clé que nous vous aidons à décrypter pour vous ouvrir a des concepts innovants et des stratégies éprouvées. Plongez dans nos thématiques pour éclairer votre chemin vers l’excellence et la créativité.
Le dark RP, transposition de l’anglais dark PR (RP pour relations publiques), désigne les pratiques de relations publiques occultes qui visent à nuire à la réputation d’un concurrent ou d’un adversaire, souvent par la désinformation, en dissimulant leur commanditaire.
L’expression anglaise décrit une forme avancée de campagne négative. Un article publié en 2023 dans la revue ICONO 14 en recense les techniques : fausses informations, faux avis, pseudo-sites d’information, recours à des comptes automatisés ou à de faux profils, espionnage et recours à des procédures judiciaires. Le point commun est la dissimulation : le public ne doit pas savoir qui parle ni qui paie. Le dark RP vise la réputation de la cible plus que la promotion de son commanditaire.
Selon la même étude, le terme voisin black PR est entré dans le vocabulaire des relations publiques en Russie, en Ukraine et en Pologne dans les années 1990. Il désignait alors des campagnes électorales destinées à abîmer l’image d’un rival. Dark PR, apparu plus tard, s’applique davantage à l’activité des entreprises et intègre les tactiques numériques. Les deux termes sont employés l’un pour l’autre.
Le dark RP se distingue de la campagne dénigrante par la dissimulation : une campagne dénigrante peut être signée, le dark RP cache son auteur. L’astroturfing, qui simule un mouvement d’opinion spontané, en est l’une des techniques possibles, pas un synonyme. Le lobbying, enfin, représente des intérêts auprès des décideurs publics à visage découvert. Le terme est employé en gestion de l’e-réputation, en veille et en communication de crise, le plus souvent pour décrire une attaque subie.
Le dark RP figure dans ce glossaire parce que des marques le subissent. Nous déconseillons sans réserve d’y recourir. Plusieurs de ses techniques sont illicites en France. Selon la fiche pratique de la DGCCRF « Avis en ligne : attention aux faux commentaires » (2024), diffuser ou faire diffuser de faux avis constitue un délit de pratiques commerciales trompeuses, puni de deux ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende. Confier l’opération à un prestataire ne protège pas : celui qui prête sciemment son concours encourt les mêmes peines.
Le Guide de bonne conduite sur l’influence commerciale du ministère de l’Économie (janvier 2026) rappelle aussi les limites de la critique. Diffuser une information qui jette le discrédit sur le produit d’une marque n’est admis que si le sujet est d’intérêt général, repose sur une base factuelle suffisante et est exprimé avec une certaine mesure. Le guide précise que l’annonceur et son agence pourraient être déclarés solidairement responsables du préjudice causé par un créateur qui dénigre.
En 2013, la commission taïwanaise de la concurrence a infligé à Samsung une amende de 10 millions de dollars taïwanais. Selon Marketing Week (octobre 2013), le régulateur lui reprochait d’avoir rémunéré des personnes pour publier en ligne des avis négatifs sur les appareils de son concurrent HTC. Le cas figure parmi ceux qu’analyse la revue ICONO 14 (2023). L’enquête avait débuté après la publication de documents présentés comme internes. Le risque principal d’une telle opération tient à sa révélation.
Une attaque se repère rarement à un message isolé. Elle se lit dans des motifs. Nous recommandons d’intégrer les signaux suivants à la veille réputationnelle :
Aucun de ces signaux ne prouve une manipulation. Leur accumulation justifie une analyse approfondie et la conservation des preuves, captures datées et adresses des pages, avant toute réaction publique.
Advalians analyse les écarts de perception de votre marque, évalue vos dispositifs de veille et de prise de parole, puis restitue un plan d’actions priorisé.
L’astroturfing est une technique, le dark RP une finalité. L’astroturfing consiste à simuler un mouvement d’opinion spontané, par exemple avec de faux comptes ou des messages rémunérés présentés comme sincères. Il peut servir à promouvoir une marque autant qu’à en attaquer une.
Le dark RP désigne une campagne destinée à nuire à une cible en cachant son commanditaire. Il peut recourir à l’astroturfing, mais aussi à de fausses informations ou à des pseudo-sites d’information. Dans une analyse, qualifiez d’abord l’intention, nuire ou promouvoir, puis la technique employée.
Préparez-vous avant l’attaque. Établissez un état de référence de votre réputation en ligne : volume habituel de mentions, tonalité, sources récurrentes. Paramétrez des alertes sur les hausses anormales.
Désignez qui qualifie un signal, qui décide d’une réponse et qui contacte le conseil juridique. Rédigez une procédure de conservation des preuves : captures datées, adresses des pages, identifiants des comptes. Entretenez enfin des canaux officiels actifs et crédibles, sur lesquels vous pourrez rétablir les faits rapidement.
Comparez la situation à votre état de référence. Mesurez l’évolution du volume et de la tonalité des mentions, la part des contenus hostiles dans les premiers résultats des moteurs de recherche sur le nom de la marque et l’évolution des notes moyennes sur les sites d’avis.
Suivez aussi les effets plus tardifs : demandes au service client, ventes, questions des partenaires. Isolez la période de l’attaque et datez chaque mesure. Ce dossier sert à décider de la réponse et, le cas échéant, à appuyer une action en justice.
Non. Selon la DGCCRF, le Code de la consommation interdit de diffuser ou de faire diffuser par une autre personne de faux avis : c’est un délit de pratiques commerciales trompeuses. Celui qui prête sciemment son concours encourt les mêmes peines, soit deux ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende, montant qui peut être porté à une part du chiffre d’affaires.
Le recours à un intermédiaire ne protège donc ni l’annonceur ni le prestataire. Si un prestataire vous propose ce type de service, écartez-le et conservez une trace écrite de votre refus.
Pas toujours. Répondez publiquement lorsque l’attaque atteint vos clients ou les médias et que vous disposez de faits vérifiables à opposer. Restez discret lorsque sa portée reste faible : une réponse officielle peut donner de la visibilité à des contenus que peu de personnes avaient vus.
Ne désignez jamais publiquement un concurrent sans preuve solide : l’accusation peut elle-même vous exposer. Un critère simple aide à trancher : comparez l’audience des contenus hostiles à celle que votre réponse atteindrait.
Par Thomas Bizot – Président du cabinet Advalians