La liste Robinson est, en France, une liste d’opposition collective sur laquelle un particulier s’inscrit gratuitement pour recevoir moins de courrier publicitaire adressé à son nom, de la part des entreprises qui l’utilisent pour filtrer leurs fichiers.
Elle a été créée en avril 1976 par l’Union française du marketing direct. Elle appartient aujourd’hui à la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (FEVAD), qui en confie la gestion opérationnelle à l’opérateur postal. Le particulier communique ses nom, prénom et adresse. Les entreprises qui utilisent la liste rapprochent leurs fichiers des inscrits et retirent les correspondances avant leurs envois.
La liste porte sur les courriers commerciaux adressés, comme les catalogues et le publipostage. Selon la CNIL, elle vise les envois de vente par correspondance, de presse et d’associations. Elle ne couvre ni les prospectus non adressés déposés dans les boîtes aux lettres, ni le démarchage téléphonique. Son utilisation relève de l’autorégulation : la FEVAD la présente comme non obligatoire.
La liste Robinson est une liste d’opposition collective. Elle se distingue de la base repoussoir, tenue par chaque entreprise pour les refus qu’elle a reçus directement, et de la liste orange, par laquelle un abonné au téléphone refuse que ses coordonnées d’annuaire servent à la prospection commerciale. Le même nom désigne, dans d’autres pays, des dispositifs comparables au périmètre différent. Elle concerne surtout les annonceurs du marketing direct postal et les loueurs de fichiers.
La prospection postale ne requiert pas de consentement préalable. Selon la CNIL (« La prospection commerciale par courrier postal », 2026), elle est possible si la personne a été informée de cet usage lors de la collecte de son adresse et a pu s’y opposer simplement et gratuitement. Chaque envoi doit ensuite lui permettre de refuser les suivants. La liste Robinson ajoute un refus général, exprimé sans connaître les entreprises qui détiennent l’adresse. Selon la FEVAD (« Entreprises : comment utiliser le fichier Robinson ? », 2025), son utilisation n’est pas obligatoire et relève de l’autorégulation des annonceurs. Notre position : pour un annonceur qui loue des fichiers, la filtrer devrait aller de soi. Une personne inscrite qui reçoit un catalogue d’une entreprise inconnue a toutes les raisons de s’opposer, voire de se plaindre.
Selon la FEVAD (« Tout savoir sur la liste Robinson », 2022), la gestion de la liste est confiée depuis 2001 au Service national de l’adresse de La Poste. Celui-ci reçoit les demandes, met les adresses aux normes, les dédoublonne et diffuse le fichier aux entreprises adhérentes. Le fichier contient des noms, prénoms et adresses présentés comme normés selon la RNVP. Les entreprises mettant leurs fichiers à jour chaque trimestre, la FEVAD prévient qu’une baisse du courrier reçu peut prendre trois à six mois.
La FEVAD, dans sa page destinée aux entreprises (2025), décrit l’usage du fichier comme un repoussoir appliqué à la base clients, pour retirer les personnes inscrites des envois de marketing direct. Nous recommandons de suivre cette consigne pour tous les envois de prospection, fichiers loués compris. Pour les clients, les courriers liés à la relation en cours, comme une commande ou un contrat, ne relèvent pas de la prospection. Un refus exprimé directement par un client s’impose sans discussion et rejoint la base repoussoir de l’entreprise.
Le terme désigne des listes différentes selon les pays. Dans un billet de 2018, l’autorité espagnole de protection des données (AEPD) présente la « Lista Robinson » comme un fichier commun d’exclusion publicitaire, géré par l’association espagnole de l’économie numérique. La personne y choisit les canaux à exclure, dont le téléphone et le courrier. La liste française ne porte que sur le courrier adressé. Pour une campagne internationale, vérifiez dans chaque pays le dispositif applicable et son caractère obligatoire.
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Les deux, car elles ne contiennent pas les mêmes personnes. La liste Robinson réunit des particuliers qui ont exprimé un refus général de la publicité adressée, sans viser une entreprise précise. La base repoussoir réunit les refus que votre entreprise a reçus elle-même, par courrier, appel ou formulaire.
Appliquez d’abord votre base repoussoir à tous les fichiers. Appliquez ensuite la liste Robinson à tous vos envois de prospection postale, base clients et fichiers loués compris, comme le prévoit la fédération qui la détient.
Normalisez d’abord votre fichier, car le fichier Robinson est livré au format postal normé : deux écritures différentes d’une même adresse ne se rapprocheraient pas. Une RNVP préalable suffit en général.
Rapprochez ensuite les deux fichiers sur le nom, le prénom et l’adresse, puis retirez les correspondances. Utilisez la version la plus récente de la liste. Conservez enfin la date de cette version, le nombre d’enregistrements écartés et l’identité de l’opérateur du filtrage.
Demandez une preuve datée et chiffrée, puis contrôlez-la. Le loueur doit indiquer la version de la liste utilisée, la date du filtrage et le nombre d’enregistrements écartés. Une part écartée nulle sur un grand fichier de particuliers mérite une question.
Ajoutez un contrôle par échantillon : rapprochez vous-même un extrait du fichier livré de la dernière version de la liste. Suivez enfin les réclamations de personnes qui se disent inscrites : chacune signale une faille à remonter jusqu’à sa source.
La liste elle-même n’impose rien : son usage n’est pas obligatoire selon la fédération qui la détient. Le risque est d’abord commercial : une personne inscrite qui reçoit le courrier d’une entreprise inconnue peut exercer son droit d’opposition ou se plaindre auprès de la CNIL si elle juge ses demandes ignorées.
Le risque devient juridique si l’adresse a été collectée sans information sur la prospection, ou si la personne vous a signifié son refus directement. Exigez cette preuve d’information pour tout fichier loué, tracez chaque opposition reçue avec sa date et appliquez-la avant l’envoi suivant.
Selon nous, ce n’est pas son objet : la liste réunit des personnes physiques qui veulent recevoir moins de publicité adressée à leur nom. Un courrier adressé à une fonction dans une entreprise relève d’une autre logique.
Appliquez-la en revanche dès que votre fichier mêle particuliers et professionnels, par exemple des artisans ou des professions libérales joints à leur adresse personnelle. En cas de doute sur la nature d’une adresse, filtrez : vous perdez peu de contacts et vous évitez une sollicitation mal reçue.
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