Le bon à tirer (BAT) est l’épreuve finale d’un document, soumise à l’approbation écrite du commanditaire avant le lancement de la production, dont la signature autorise l’imprimeur ou le diffuseur à le reproduire tel quel.
Le BAT intervient au terme de la préparation, après la mise en page et les corrections successives. Il se présente sous la forme d’un fichier, souvent un PDF, ou d’une épreuve imprimée. Le commanditaire y vérifie le texte, les visuels, les couleurs, le format, le pliage et les mentions obligatoires. Il le retourne signé, avec la mention « bon à tirer », ou annoté de corrections. Dans ce second cas, un nouveau BAT est produit puis soumis à son tour. La signature fige la version de référence : le document livré doit lui être conforme.
Un BAT exploitable réunit le document à valider, l’identification de sa version et la signature datée d’une personne habilitée. En impression, il se distingue de l’épreuve contractuelle, un tirage qui simule le rendu des couleurs dans des conditions d’impression définies. Il se distingue aussi de la maquette, qui présente une intention graphique encore ouverte à la discussion. Certains imprimeurs proposent en outre une validation au démarrage de la presse, sur les premières feuilles imprimées.
En marketing direct, le BAT s’applique à chaque composant d’un envoi : lettre, enveloppe, bulletin réponse, dépliant. Il concerne aussi les supports numériques. Une campagne d’emailing fait ainsi l’objet d’envois de test validés avant le routage vers la liste complète. Le BAT engage le commanditaire, l’agence qui a préparé les fichiers et le prestataire de fabrication.
Le BAT est d’abord un acte de validation, pas une formalité. En pratique, le prestataire s’engage à produire un document conforme au BAT signé. Une erreur présente sur ce BAT reste donc en général à la charge de celui qui l’a validé. La portée exacte de cet engagement dépend des conditions générales du prestataire et du contrat. Nous recommandons de les lire avant la première commande, en particulier la tolérance admise sur les couleurs et le délai de réclamation.
La norme ISO 12647-7 (ISO, 2016, confirmée en 2022) définit les exigences applicables aux systèmes qui produisent des épreuves numériques physiques destinées à simuler une condition d’impression donnée. Elle recommande aussi des méthodes d’essai pour vérifier ces exigences. Une épreuve produite selon ce cadre sert de référence couleur commune entre le commanditaire et l’imprimeur. Un PDF consulté sur un écran non étalonné ne remplit pas ce rôle : il valide le contenu, pas le rendu.
Nous proposons trois repères de pilotage, qui ne sont pas des normes. Le nombre de tours de BAT par document signale la qualité de ce qui arrive en relecture. Le délai entre l’envoi du BAT et sa signature se compare au planning prévu. Le nombre d’erreurs découvertes après impression juge le circuit lui-même. À notre avis, au-delà de trois tours, le problème se situe en amont : brief incomplet, fichiers source mal préparés ou validateurs qui découvrent le projet trop tard.
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Le BAT est un acte de validation, l’épreuve contractuelle est un support de contrôle des couleurs. Le BAT porte sur l’ensemble du document : textes, visuels, format et mentions. Il peut prendre la forme d’un simple PDF. L’épreuve contractuelle est un tirage produit pour simuler le rendu de l’impression finale dans des conditions définies. La norme ISO 12647-7 fixe les exigences des systèmes qui produisent ce type d’épreuve. Elle sert de référence couleur entre le commanditaire et l’imprimeur.
Critère pratique : si la couleur d’un logo, d’un produit ou d’une photographie engage la marque, demandez une épreuve contractuelle en plus du BAT en PDF.
Une seule personne, désignée avant le lancement du projet et habilitée à engager l’entreprise sur la dépense. Elle signe après avoir recueilli les relectures nécessaires, par exemple celle du service juridique pour les mentions légales et celle du chef de produit pour les prix et les références.
Formalisez ce circuit dans le planning : qui relit, sur quel point, dans quel délai. Une validation collective ou implicite, du type « pas de retour vaut accord », rend la responsabilité floue en cas d’erreur. Conservez la signature, datée et associée au numéro de version du fichier.
Suivez le nombre de tours de BAT par document et le nombre d’erreurs constatées après impression. Le premier mesure la qualité de ce qui arrive en relecture. Le second mesure l’efficacité de la relecture elle-même. Ajoutez le délai entre l’envoi du BAT et sa signature, à comparer au planning prévu.
À titre indicatif, un document qui demande plus de trois tours révèle souvent un brief incomplet ou des fichiers source mal préparés. Tenez un registre simple, document par document : il désigne les étapes à corriger avant la campagne suivante.
Vérifiez d’abord les éléments que l’on croit justes et que l’on ne relit plus : prix, dates de validité, numéros de téléphone, adresses web, codes promotionnels et mentions légales. Comparez-les à leur source, pas à la version précédente du document.
Contrôlez ensuite la fabrication : format, pliage, sens de lecture, position des fenêtres d’enveloppe. Pour un envoi personnalisé, exigez un BAT sur plusieurs enregistrements réels, dont des cas limites. Une faute d’orthographe se voit vite ; un code promotionnel erroné peut passer inaperçu jusqu’aux premières réclamations.
Oui, si rien n’a changé depuis le dernier BAT signé : même fichier, même papier, même prestataire. Exigez alors une confirmation écrite que le fichier utilisé est bien la version validée.
Dès qu’un élément varie, un nouveau BAT s’impose : un prix, une date, une mention légale, un changement de papier ou d’imprimeur. Pour une réimpression éloignée dans le temps, nous recommandons un nouveau BAT même sans modification volontaire. Les mentions légales, les coordonnées ou les offres ont pu évoluer entre-temps sans que le fichier ait été mis à jour.
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