Le glossaire Advalians

Notre glossaire, méticuleusement élaboré, est votre boussole dans l’univers complexe et dynamique du marketing, de la communication et du digital. Ici, chaque terme est une clé que nous vous aidons à décrypter pour vous ouvrir a des concepts innovants et des stratégies éprouvées. Plongez dans nos thématiques pour éclairer votre chemin vers l’excellence et la créativité.

Dark design pattern

Définition Dark design pattern :

Un dark design pattern est un procédé de conception d’interface qui exploite les automatismes de perception et de décision des utilisateurs pour les conduire à un choix qu’ils n’auraient pas fait en connaissance de cause.

On le désigne aussi par les expressions dark pattern, dark UX ou deceptive pattern. La CNIL emploie le terme de design trompeur. Le mécanisme repose sur l’architecture du choix : mise en valeur visuelle d’une option, formulation ambiguë, information cachée, étape supplémentaire pour refuser. L’utilisateur garde en théorie sa liberté. L’effort, la confusion ou la pression qu’on lui impose orientent pourtant sa décision vers l’intérêt de l’éditeur du service.

Les procédés décrits dans la littérature professionnelle se regroupent en quelques familles. L’obstruction rend la résiliation ou le refus plus difficile que l’adhésion. La dissimulation cache un coût ou une condition jusqu’à la dernière étape. La pression affiche une urgence ou une rareté fictive. L’ingérence visuelle met en avant l’option favorable à l’éditeur et estompe l’autre. Le harcèlement redemande un choix déjà exprimé. Ces procédés se rencontrent dans les parcours d’achat, les abonnements, les bannières de consentement et les paramètres de confidentialité.

Le dark design pattern se distingue du nudge marketing, qui oriente un choix en laissant l’option écartée facile à prendre. Il se distingue aussi de la persuasion publicitaire, qui agit sur le désir et non sur le fonctionnement de l’interface. Le terme s’emploie en UX design, en commerce en ligne et dans l’analyse de conformité des services numériques au regard du RGPD et du DSA.

Décryptage Advalians Dark design pattern :

Un gain immédiat qui se paie ailleurs

Un procédé trompeur améliore souvent un indicateur isolé : taux d’acceptation des traceurs, taux de souscription, panier moyen. Le coût apparaît dans d’autres colonnes : réclamations, résiliations précoces, demandes de remboursement, avis négatifs, contrôles. Notre lecture est que ces procédés prospèrent là où un seul chiffre pilote une équipe. Une équipe jugée sur le taux de souscription n’a aucune raison de regarder les résiliations à trois mois. Nous recommandons de toujours afficher ces deux chiffres côte à côte.

Un cadre juridique devenu explicite

L’article 25 du règlement (UE) 2022/2065 sur les services numériques interdit aux fournisseurs de plateformes en ligne de concevoir, d’organiser ou d’exploiter leurs interfaces d’une manière qui trompe ou manipule les destinataires du service, ou qui altère leur capacité à prendre des décisions libres et éclairées. Le texte cite trois pratiques sur lesquelles la Commission peut publier des lignes directrices : donner plus de visibilité à certains choix, redemander un choix déjà fait, rendre la résiliation plus difficile que la souscription.

Cette interdiction ne vise pas les pratiques déjà couvertes par la directive 2005/29/CE sur les pratiques commerciales déloyales ou par le RGPD. Ces textes restent donc la référence pour les sites marchands et la collecte de données. Pour les traceurs, la CNIL demande que refuser soit aussi simple qu’accepter (lignes directrices sur les cookies et autres traceurs, 2020). Son laboratoire d’innovation numérique a consacré en 2024 un livret aux designs trompeurs.

Auditer ses propres parcours

  1. Recenser les moments de décision. Consentement, inscription, souscription, résiliation, désinscription.
  2. Compter les gestes. Pour chaque décision, comparez le nombre d’actions nécessaires pour dire oui et pour dire non. Toute asymétrie mérite une justification.
  3. Relire les libellés. Boutons de refus culpabilisants, doubles négations, cases dont le sens s’inverse.
  4. Vérifier l’affichage du prix total et des conditions d’engagement avant la validation.
  5. Observer des utilisateurs qui ne connaissent pas le service, lors d’un test utilisateur. S’ils se trompent, l’interface est en cause.

Indicateurs qui trahissent un procédé trompeur

Quatre signaux méritent un suivi régulier : la part de résiliations dans les premières semaines, les réclamations qui portent sur un engagement non compris, les demandes de remboursement et les retours au service client sur une même étape du parcours. Une hausse de la conversion accompagnée d’une hausse de ces signaux indique, à notre avis, une conversion obtenue par la confusion plutôt que par l’adhésion.

Origine du terme

Le spécialiste de l’expérience utilisateur Harry Brignull a forgé l’expression dark patterns. Il a fondé en 2010 un site qui recense ces procédés (page de présentation de l’auteur sur le site Deceptive Patterns). Le site emploie aujourd’hui l’expression deceptive patterns.

Logo Advalians

Évaluer vos dispositifs en ligne avant qu’un procédé trompeur n’use la confiance de vos clients

Advalians évalue vos dispositifs, canaux et contenus, repère les points de blocage et les écarts de perception, puis restitue des priorités claires.

La limite tient à la capacité de la personne à décider en connaissance de cause. Un design persuasif met en avant une offre, mais laisse voir le prix, les conditions et le moyen de refuser. Un dark pattern cache, brouille ou complique l’une de ces informations. Appliquez un test simple à chaque écran : la personne comprend-elle à quoi elle s’engage, et peut-elle refuser en autant de gestes qu’il en faut pour accepter ? Si l’une des réponses est non, modifiez l’écran avant la mise en ligne.

Parcourez le tunnel d’achat comme un client pressé, puis comme un client qui veut renoncer. Notez chaque option précochée, chaque frais ajouté en fin de parcours, chaque compte à rebours et chaque bouton de refus moins visible que celui d’acceptation. Vérifiez ensuite la sortie : annuler une commande, résilier un abonnement, retirer un consentement. Comptez les étapes dans les deux sens. Faites enfin réaliser ces tâches par trois ou quatre personnes extérieures au projet et relevez où elles hésitent.

Comparez la conversion obtenue avec ce qu’elle devient dans les semaines suivantes. Suivez le taux de résiliation précoce, les réclamations, les demandes de remboursement et les contacts au service client liés à l’étape concernée. Le plus probant reste un test : une version honnête de l’écran contre la version actuelle, sur une période qui couvre aussi les premières résiliations. Si la version actuelle convertit plus mais perd davantage de clients ensuite, son gain apparent est en partie un déplacement de coûts vers le service client.

Le risque dépend du procédé et du service concerné. Une bannière de consentement déséquilibrée relève des règles sur les traceurs contrôlées par la CNIL. Une collecte de données obtenue par une formulation trompeuse peut contrevenir au RGPD. Un prix ou une condition cachés relèvent du droit des pratiques commerciales déloyales. Les plateformes en ligne relèvent en outre de l’article 25 du DSA pour les pratiques que ni le RGPD ni le droit des pratiques commerciales déloyales ne couvrent. Avant toute mise en ligne d’un parcours d’abonnement ou de consentement, faites valider les écrans par un juriste et conservez la trace de cette validation.

Non, sauf lorsque la loi exige un consentement actif. Une option par défaut reste légitime pour un choix de confort, comme un mode de livraison ou une langue, si elle sert l’intérêt probable de l’utilisateur et se modifie en un clic. Elle devient problématique quand elle engage la personne à payer, à s’abonner ou à partager ses données. Pour chaque option par défaut, posez une question : la personne serait-elle surprise de découvrir ce choix sur sa facture ou dans ses paramètres ? Si oui, décochez-la.

Par Thomas Bizot – Président du cabinet Advalians

28/02/2024
21/10/2026

Pour aller plus loin :